Douarnenez, perle du Finistère

Selon la légende, un raz de marée aurait formé la baie de Douarnenez après avoir englouti la cité d’Ys. Grand port sardinier jusque dans les années 1980, la ville a gardé une personnalité bien trempée. Aujourd’hui, on y vient pour ses plages et ses côtes rocheuses, ses quais animés et son air iodé.

Douarnenez : le berceau des fêtes maritimes

Berceau du kouign-amann, fameux gâteau au beurre breton connu pour sa légèreté, Douarnenez est aussi à l'avant-garde du renouveau du patrimoine maritime. Dans les années 1980 naissent la revue Chasse-Marée et les premières grandes fêtes maritimes. Jusqu’en 2000, tous les deux ans, Douarnenez tout entière vit au rythme de ces fêtes qui investissent les trois ports de la ville. On y célèbre la mer et les vieux gréements en musique. Mais bien vite les villes voisines copient et il faut se réinventer. La fête se concentre désormais autour du joli quartier du Rosmeur, au bas de la vieille ville.

Tous en boîte à Dournenez

Au 19e siècle, Douarnenez devient un haut lieu de la sardine. Les barques de pêche, leurs mâts et leurs voiles couvrent l’horizon des quais de Rosmeur et les conserveries se multiplient, assurant l’essor de Douarnenez. En 1900, les 32 usines font de Douarnenez la capitale mondiale de la conserve de poisson. Aujourd’hui la ville ne compte plus que deux conserveries industrielles, qui commercialisent les marques Connétable et Petit Navire, ainsi qu’une conserverie artisanale, Kerbriant. Le port de pêche a ainsi laissé la place aux cafés et aux terrasses des restaurants. Et les boîtes de nuit ont remplacé les boîtes de sardines. 

Trois ports à tribord

Trois ports au compteur (un de plaisance, un de pêche et un musée), ça commence à faire ! C’est parti pour les présentations.

Le port de Rosmeur et ses maisons aux façades colorées est sans doute l’image la plus connue de Douarnenez. Fini l’âge d’or de la sardine, aujourd’hui le port de pêche n’accueille plus que quelques bateaux de pêche côtière. Mais sa position géographique amène des chalutiers à débarquer leur poisson à la criée, faisant de Douarnenez un port de pêche toujours actif.  

Pour retrouver d’authentiques bateaux du monde entier, direction le Port-Musée, un musée à flot situé sur les quais de Port-Rhu.

Dédié aux hommes, à la mer et aux bateaux, le port-musée de Douarnenez donne envie de prendre le large. Véritable atelier de charpentier de marine à ciel ouvert, on y expose le savoir-faire des artisans. Le port de Tréboul, rattaché à la ville dans les années 50, est devenu une petite station balnéaire avec sa plage des Sables Blancs, sur lequel rayonne le centre de thalasso Valdys. Port de plaisance, Tréboul attire les touristes avec ses ruelles étroites bordées de jolies maisons fleuries. Situé dans une anse, il est fermé par l’île Tristan, un magnifique site naturel accessible à marée basse uniquement.

Gare au garum

À deux pas du centre-ville, le site des Plomarc'h recèle des trésors du passé tels ses lavoirs, ses maisons de pêcheurs et ses cuves de salaison. Mis au jour en 1948, un site industriel gallo-romain parmi les plus grands du nord de l'Europe expose ses cuves à garum, entièrement restaurées dans les années 1980. Condiment très apprécié des romains, ce jus de poisson salé très riche en vitamines et en acides aminés plaisait particulièrement aux légionnaires. Cette potion magique leur permettait en effet de tenir les cadences infernales imposées par les campagnes de conquêtes chères à Jules César. Le garum faisait d’ailleurs l'objet d'un commerce florissant dans tout l'empire romain.

À Douarnenez, faites des randonnées et de la thalasso

Connu pour sa collection bigarrée de plages, de la crique abritée à la grande étendue de sable, Douarnenez est aussi un haut lieu de randonnée. Le GR 34 offre une enfilade de paysages carte postale. De la plage Saint Jean à Tréboul, on met le cap plein Ouest et on se gorge de panoramas inoubliables. En revenant, on profite de la belle plage des Sables blancs et on fait trempette dans l’eau fraîche. Pour une eau de mer à 31°C, on rejoint la Thalasso Valdys de Douarnenez. Les jets d'eau chaude, les modelages zen et les bains relaxants aux algues promettent une complète remise à flots !

Les peintres jettent l’encre à Douarnenez

Boudin, Renoir, Sérusier, Picabia,Max Jacob, Picasso, Matisse … une palanquée de peintres célèbres a immortalisé la cité et y a séjourné. Pourtant difficile à peindre à l’époque avec ses ruelles étroites, son port adossé à la ville sur lequel on manque de recul et l’odeur de sardine pourrie qu’on y respirait, la ville a quand même du succès. Ce port festif qui vit et boit la nuit inspire. Aujourd'hui on compte parmi les artistes en vue Yann Kersalé, sculpteur de lumière qui a signé la scénographie lumineuse du quai Branly. Le plasticien Bruno Peinado, figure de l'art contemporain (célèbre notamment pour sa sculpture de résine The Big One World, sorte de Bibendum afro au poing levé), et sa compagne, Virginie Barré, artiste elle aussi. Florence Doléac, qui fait dialoguer le design et l’art avec humour. Le plasticien performer Yoan Sorin et l’artiste Flora Moscovici, qui utilisent le meuble comme matière première pour créer de nouvelles formes in situ. Elsa Tomkowiak, dernière artiste en date à s'être installée à Douarnenez en 2017, qui entretient avec la couleur un rapport passionnel, et recommande le rose fluo pour aller bien ! 

Des artistes qui n'ont rien en commun, sinon leur goût de la nature brute et les habitants sans faux-semblants de Douarnenez. On les retrouve dans les galeries et ateliers d'art, ou à la Maison des Lumières, installée dans une friche industrielle de 6000 m2, dont certaines expositions portent sur le thème de la mer (on y revient !).


Inscrivez-vous à notre newsletter